Critique - Sherlock Holmes et la bête des Stapleton

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Avis d'Hélène et les bouquins :

Mon résumé :

Cinq ans se sont écoulés depuis l’affaire du ‘’Chien des Baskerville’’. Sherlock Holmes et Watson ont repris le cours de leurs vies. Mais voilà qu’un militaire proche de Henry de Baskerville se présente à eux. Sir Baskerville est à nouveau dans le tourment. Mais cette fois-ci, la situation est bien plus grave.

Sherlock Holmes, célèbre détective britannique et Watson se sont remis de leurs émotions, liées à l’affaire du ‘’Chien des Baskerville’’, même si l’acolyte du détective a développé une peur panique des chiens. Watson a étoffé sa clientèle au cabinet et prit son propre appartement. Écrivain en herbe, il publie les enquêtes qu’il mène avec son vieil ami.

Mon ressenti final :

Je pense qu’il n’est pas nécessaire de présenter ce célèbre détective. Je me souviens parfaitement avoir lu ‘’Le chien des Baskerville’’ lorsque j’étais au collège et j’avais franchement adoré. Que ce soit l’ambiance, le déroulé de l’action ou les détails de l’enquête, j’avais été subjuguée par ce personnage atypique et un peu antipathique.

James Lovegrove nous propose ici une suite à cette incroyable histoire. Lorsque Grier, soldat et ami de Sir Henri de Baskerville, vient trouver Holmes afin qu’il prenne les rênes sur ce nouveau mystère, les souvenirs se ravivent immédiatement. D’ailleurs, l’auteur a la délicatesse de nous remémorer, en détail, les événements du tome 1.

Voici donc Holmes de retour auprès de Sir Henri, qui vient de perdre sa femme. Comment ? Exsangue. Par qui ? Une immense bête volante aux yeux rouges. J’ai aimé le contraste entre les croyances de l’époque, qui paniquent le petit peuple et l’esprit cartésien du détective qui rejette l’idée en bloc. Cependant, sans jamais mépriser les témoins.

Du fait de l’époque, l’auteur utilise un vocabulaire guindé et pompeux. Les ronds de jambes, les courbettes, les attitudes, tout est mis en œuvre pour nous immerger dans le récit et nous y maintenir jusqu’à la fin. De rebondissements en explications rationnelles, le lecteur cherche à démêler cette affaire incroyable, tout en suivant les explications de Holmes.

Le récit s’installe doucement, méthodiquement. Rien n’est précipité ni survolé, tout est millimétré. Les rebondissements sont fréquents et appréciés, j’ai passé un très bon moment de lecture.


Avis de Lorn Askariàn :

1893, lande de Dartmoor, Devon, sud-ouest de l’Angleterre. Un chien énorme, « tout droit sorti des enfers », terrifie la contrée. Selon la légende, il s’en prend aux descendants d’Hugo Baskerville ; malédiction héritée de cet aristocrate débauché du XVIIIème siècle qui finira déchiqueté par la bête. Sa dernière victime est Sir Charles Baskerville, décédé d’une crise cardiaque. Et il y a tout à craindre pour la survie de son héritier, sir Henry, qui arrive tout droit du Canada pour prendre possession du domaine. C’est en ces termes que le docteur Mortimer présente à Sherlock Holmes et au docteur Watson l’une de leurs enquêtes les plus célèbres…

1898, retour sur la lande. Un nouveau danger plane sur la famille Baskerville. Et c’est le caporal Benjamin Grier, soldat afro-américain et ami de Sir Henry, qui vient demander l’aide du duo du 221 B Baker Street. Souffrant désormais d’une caniphobie, le docteur Watson décline l’invitation de Sherlock Holmes de retourner parcourir les marais de la lande de Dartmoor et les endroits familiers. Holmes va y retrouver nombre des protagonistes de la première affaire : le docteur Mortimer, Sir Henry, les époux Barrymore, Laura Lyons, Monsieur Franckland et même Jack Stapleton ! Suppléé par Grier, il se lance à corps perdu dans cette nouvelle enquête, à la poursuite d’un lépidoptère géant qui s’en prend à Sir Henry et à son fils… Usant de ses prodigieuses facultés et de sa méthode de déduction, Holmes parvient à résoudre l’enquête, à vaincre le monstre et à arrêter le coupable. Mais, ce n’est là que le prélude à la véritable affaire, autrement plus tragique et sordide que celle qui vient d’être élucidée. Et qui voit se profiler des protagonistes que l’on n’attendait pas…

Comme dirait Holmes à Watson : « the Game is afoot » !
Voici donc le nouvel opus de James Lovegrove dans l’univers holmésien. Ses trois premières incursions avaient mené les héros de Conan Doyle à parcourir l’univers horrifique et cthulesque de Lovecraft, Les Dossiers Cthulhu ; une vraie réussite à mes yeux !

Sherlock Holmes et la bête de Stapelton est le second livre de Lovegrove qui s’intéresse à l’univers « classique » de la geste holmésienne à la suite de Sherlock Holmes et le Démon de Noël.

Quel plaisir de fouler à nouveau la lande de Dartmoor en compagnie de Holmes, de retrouver des personnages familiers et des lieux bien connus de ce qui fut pour beaucoup d’entre nous le récit d’initiation ; celui qui, lu dès l’enfance, nous a ouvert les portes du 221B Baker Street et du « Canon holmésien » !
Tout y est : l’atmosphère angoissante, l’enquête qui se complique, la menace d’un nouveau monstre et l’hostilité des lieux. Mais aussi des personnages cabossés par la vie qui montrent un visage bien plus sombre de l’humanité. Bref, un bel hommage et une vraie réussite.

Malgré tout, j’ai été un peu déçu, parfois, par les facilités d’écriture ou la faiblesse de certains passages. On attend tellement de cette suite qu’on en oublie que ce n’est pas Sir Conan Doyle qui écrit.

Quoiqu’il en soit, je vous recommande vivement la lecture de cet ouvrage qui vous permettra de retrouver avec délice de vieux souvenirs mais vous invitera également à découvrir une face beaucoup plus sombre de cette nouvelle affaire Baskerville.


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